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La municipalité de Lausanne persiste et signe. Sous l’impulsion d’Olivier Français, elle fait tout pour mettre fin à l’occupation de l’ancienne usine d’incinération au Vallon. Depuis l’occupation le 5 mai 2008, elle a déposé une plainte pour violation de domicile, dommages à la propriété et soustraction d’énergie. Par ailleurs, une demande de permis de démolir vient d’apparaître de nulle part, par miracle, alors qu’aucun projet de reconstruction n’est prévu à ce jour. Le but de la démolition : détruire les locaux administratifs au plus vite, pour le reste ils verront après. C’est déconcertant avec quelle nonchalance ils osent avouer cela… Ensuite, une requête de mesures préprovisionnelles et provisionnelles a été déposée fin mai. Les mesures d’extrême urgence ayant été refusées par la juge, c’était le 13 juin que nous nous sommes retrouvéEs au Tribunal pour l’audience de mesures provisionnelles. L’argumentation de la muni qui invoque des dangers liés à la pollution, des risques de chute ou encore d’électrocution a été appuyée par trois témoins qui racontaient des histoires émouvantes de leur séjour dans les bureaux de l’usine au printemps 2007 qui les a vu tous tomber malade. En effet, ils ont tous terriblement souffert d’un léger rhume (des foins) qui n’a heureusement pas nécessité la consultation d’un médecin ni causé des jours d’arrêt de travail… Devant tant d’empressement à prouver le bien fondé des dangers qui nous guettent dans cette usine, la juge n’a pu que décider de nous faire déguerpir, non ? Nous sommes rassuréEs que les autorités et la justice se soucient autant de notre bonne santé.
Or, le fait est que la municipalité refuse avec tout autant d’acharnement d’effectuer des analyses de la qualité de l’air dans l’usine et dans les bureaux, analyses qui permettraient de discuter sur la base de données scientifiques plutôt que d’une pollution imaginaire. Cela alors même que des interpellations au Conseil Communal demandaient récemment que ces mesures soient faites. Une résolution a même été adoptée, demandant à la municipalité d’effectuer des analyses de l’air à l’ancienne usine d’incinération. Réponse de M. Français : « je ferai effectuer une étude, mais seulement à l’extérieur de l’usine. Ma responsabilité est de protéger les concitoyens qui respectent le droit. » (24heures, 5. 6. 08). Pour notre part, nous admettons bien sûr qu’il y a une réelle pollution à l’ancienne usine d’incinération. Après tout, le traitement des déchets ne peut se faire sans polluer l’air et le sol, ni sans créer des déchets toxiques. C’est déjà bien que les autorités soient enfin d’accord avec nous sur ce point. Toutefois, nous restons convaincuEs que cette pollution ne nous expose pas à un danger plus élevé que le passant dans la rue César-Roux aux heures de pointe. Les particules fines, principal agent de danger cité par la muni, sont tellement volatiles qu’elles se sont dissipées dans l’atmosphère depuis belle lurette.
Depuis que le taux de particules fines est mesuré à Lausanne, nous constatons que la ville dépasse régulièrement le seuil, causant des « pics de pollution ». Paradoxalement, dans ces cas les autorités ne se soucient guère de la santé des habitantEs, ne prenant aucune mesure pour limiter le trafic et conseillant simplement aux gens de « fermer leurs fenêtres ». Merci M. Français, nous allons donc fermer les fenêtres des locaux de la déche, cela semble suffisant, non ?
Les raisons qui poussent la municipalité de Lausanne à vouloir nous évacuer sont, de fait, politiques et non pas scientifiques et encore moins caritatives. Ainsi, Olivier Français ne cache pas qu’il ressent cette occupation comme une « agression » et a déposé une plainte pour violation de domicile, dommages à la propriété et soustraction d’énergie. Nous sommes étonnéEs avec quelle facilité M. Français ait réussi à entuber ses collègues « de gauche » pour le suivre dans cette voie. Nous voilà dans l’ère d’une municipalité de gauche qui a visiblement la volonté de criminaliser un mouvement politique et qui fait de la tolérance zéro un mot d’ordre. Le paradoxe est total si on sait que la ville de Lausanne reconnaît elle-même, officiellement, qu’il y a un manque d’espaces pour la culture alternative mais refuse d’entrer en matière si nous proposons des solutions…
Même si cela se présente mal pour nous, nous avons encore quelques atouts dans la main et nous ne comptons nullement baisser les bras. Une pétition de quartier qui rencontre beaucoup de succès a été signée par plus que 200 personnes à ce jour. De nombreuses institutions culturelles de Lausanne nous soutiennent. Nous restons déterminéEs et voulons gagner cet espace pour une plus longue durée.
RESISTANCE !
Agenda : - 1er juillet 17.30 : rassemblement à la place de la Palud, remise de la pétition et des lettres de soutien
- 10, 11 & 12 juillet : festival et camping au squat de la déche (le camping se poursuivra aussi longtemps que possible) |
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